Harcèlement scolaire: coupable ou victime ?

   Le harcèlement. Voilà bien un sujet que les médias se sont enfin décidés à dépoussiérer. Ce fléau qui touche énormément d'adolescents en quête d'eux-mêmes et qui est aussi mortel qu'un lent poison qui coule dans nos veine, à la recherche du c½ur afin de le détruire, semble prendre de l'ampleur à l'heure d'aujourd'hui. Tout le monde pense qu'il y a toujours une victime et un coupable, parfois même plusieurs coupables. Or, ce n'est pas le cas. Le coupable peut très bien être victime et la victime peut tout aussi bien devenir coupable. Voyons cela de plus près.
 
   Par exemple, prenons ce garçon que nous allons nommer Maxime. Maxime est un adolescent de 15 ans, à la recherche de son identité sexuelle et qui possède un côté très efféminé qui ne plait pas du tout aux autres garçons de son âge. Celui-ci se fait donc harceler dans les vestiaires et en pleine classe par les garçons de sa classe et les professeurs, témoins direct, décident de fermer les yeux et laisser passer ce qu'ils qualifient de « règlements de compte honnête entre garçons ». Cela se répète. Au début, ce ne sont que des mots, des mots aussi tranchants qu'une lame d'acier et qui deviennent de plus en plus douloureux. Maxime décide de ne pas réagir et laisse passer tous ces mots, affichant un air neutre. « Ils finiront bien par se lasser si je ne réagis pas », pense-t-il. Voyant que les mots ne l'affectent pas (ou du moins c'est ce qu'ils pensent), les garçons vont commencer à passer à l'étape suivante : Ils jettent son matériel scolaire dans la poubelle, tag son casier avec un marqueur indélébile, prennent son plumier en pleine classe et jouent avec, et ne parlons pas des intercours. Là encore, Maxime ne réagis pas, il lance des regards froids et énervés mais ne dit rien à personne, il n'en parle même pas à sa famille ou ses « amis ». Les garçons, voyant qu'il commence à réagir en leur lançant ces fameux regards, décide de passer aux choses sérieuses : ils l'isolent, l'encerclent et lui portent des coups. Maxime est à terre, il reçoit des coups dans son ventre, dans son dos et surtout au niveau de sa tête. Il tente de protéger sa tête et ne pense pas une seule fois à riposter, à essayer d'appeler à l'aide. De toute façon, qui viendra l'aider ? Les professeurs qui ne disent rien alors qu'ils savent ce qu'il se passe ? Ses « amis » qui ne l'ont jamais défendu ? Sa famille qui lui crie dessus pour être aussi silencieux ? Où Maxime peut-il trouver du soutien, trouver un héros ? Nulle part. Il est seul face à cette situation qui ne lui est pas favorable. Les garçons, après s'être défoulés, lui crachent dessus et partent en lui criant un flot d'insultes. Ils ont franchi sa limite. Alors, Maxime prend une funeste décision : il va se suicider. Maxime pense qu'il n'a plus rien à perdre : il n'a pas d'amis, sa famille a l'air de ne pas se préoccuper plus que cela de son sort et il ne peut plus faire face à cette torture mentale plus longtemps. Il n'a plus aucune confiance en lui, il est complètement brisé, anéanti. En rentrant chez lui, il se dirige droit vers l'atelier de son père, attrape une corde et va dans le jardin. Sa famille ne lui a pas adressé un seul regard. Maxime se sent négligé, plus inutile encore. Alors, il forme un n½ud avec la corde, l'attache solidement à l'arbre et attend. Celui-ci contemple la corde un instant avant de retourner à l'intérieur de sa maison. Il se dirige vers sa chambre, attrape un bout de papier et un crayon et il écrit. Il raconte ce qui lui arrive chaque jour à l'école depuis maintenant 4 mois et tout en l'écrivant, il pleure. Il note les noms de ses bourreaux, note les noms de ses amis qui ne l'ont pas aidé, note les noms des professeurs qui ont regardé la scène sans un mot et note la négligence de sa famille. « Je n'ai rien fait pour mériter cela »

   Finalement, Maxime ne se suicidera pas, il cachera la lettre dans un tiroir de son bureau et continuera à subir les coups de ses bourreaux. Plus tard, il sera transféré dans une autre école après que sa famille ait lu la fameuse lettre cachée dans son tiroir. Les coupables seront renvoyés définitivement. Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Maxime, étant plus stable psychologiquement, fait une réaction à ce qu'il s'est passé dans son ancienne école. Il repère une fille qui lui parait faible et il commence la boucle. D'abord, les mots, puis le matériel scolaire et enfin les coups. En 3 ans, Maxime aura harcelé 7 filles et garçons, dont deux d'entre eux qui auront mis fin à leur jour.

   Est-il toujours victime ? Ou est-il devenu coupable ? Est-il passé de victime à coupable ou bien de coupable à victime ? Plusieurs points de vue peuvent être confrontés à propos de cette petite histoire. Alors, que pensez-vous de Maxime ? Est-il victime ou coupable ?
 
 
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   Cette histoire m'appartient, elle n'est que le fruit de ma réflexion à propos du harcèlement. Pour toute reproduction ou utilisation, veuillez me demander mon accord avant toute publication.


- Nezumi     

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